Salut, bande de rats !

Je poursuis le rendez-vous que j’ai trouvé chez juliet595, et inauguré par Ma Lecturothèque. Le principe de ce post est de prendre un livre chaque semaine pour vous en citer les premières lignes…

Je vous propose donc un bout de Comme un chien, de Jack Ketchum :

 

 

Il est 6 heures du matin.
Delia dort encore, allongée sur le flanc. Elle ne rêve pas. Pour l’instant, elle est contente. Une brise s’insinue par la fenêtre entrebâillée et soulève une mèche de cheveux sur son front. Elle ne s’en trouble pas.
Caity dort auprès d’elle, enroulée sur elle-même. Delia laisse reposer son bras, léger, sur son ventre. Mais, comme tous les chiens, Caity reste en alerte même dans le plus profond sommeil. Ses oreilles pivotent. Elle ouvre les yeux. Elle a perçu un cliquetis en bas, dans le bureau. Un son familier. Elle se rendort.
Le frère jumeau de Delia, Robbie, dort aussi dans sa chambre. Il rêve d’un navire dont il est à la fois le capitaine et le garçon de cabine. Soudain, comme souvent dans les rêves, il est seul à bord d’un vaisseau spatial qui dérive dans le cosmos. Il s’y sent bien. Il n’a pas peur. Son esprit est au repos.
Son père Bart erre dans un monde à mi-chemin entre le sommeil et la veille, entre nuit et matin. Ses yeux se sont ouverts six fois déjà, pour se refermer aussitôt. Il a eu une vision fugace de l’espace que sa femme a laissé vide à côté de lui, dans le lit ; de la toile du baldaquin au-dessus de sa tête, du verre d’eau et du cendrier sur la table de chevet. Il a entrevu aussi, mais en rêve, Jack Dannski et Shiela Lake, hilares, entourés de barres de chocolat et de bouteilles de whisky lors d’une réunion des anciens du lycée, ainsi que sa Corvette 62 toute neuve roulant dans le vent d’été, sur l’autoroute. Ces deux moments se passent sans lui. Il tente de les saisir en refermant fébrilement les doigts.
La mère de Delia, Pat – Patricia –, est debout, et déjà au travail dans son bureau. Elle étudie des photos de sa fille sur l’écran de l’ordinateur. Du doigt, elle les fait défiler dans un sens, puis dans l’autre. Gros plans sur le visage de Delia. Elles sont toutes bonnes parce qu’elle a embauché un excellent photographe. Pat est très sensible aux nuances, aux contrastes. Elle saura tirer le meilleur de chaque cliché. Elle connaît le visage de sa fille aussi bien que le sien, qui se reflète sur l’écran comme si son double fantomatique se cachait derrière, à distance, voilé mais ravivé dans le regard de sa fille.

 

sij0

13 réflexions sur “Premières lignes : Comme un chien

  1. Salut Rattus Bibliotecus !
    Je suis ravie de voir que mon RDV, que tu as découvert sur le blog de Juliet, te plaise et que tu y participes régulièrement 🙂 En tant que créatrice du RDV, j’apprécierai beaucoup si tu pouvais me citer, et aussi sache que j’actualise la liste des participant.e.s toutes les semaines, et du coup si tu veux que je t’y ajoute, fais-moi signe 😉
    https://malecturotheque.wordpress.com/category/autour-des-livres/premieres-lignes-autour-des-livres/

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      1. Merci 🙂 (je fais mon article un peu plus tard car je viens de me lever ; je mets bien Rattus Bibliotecus ? Certaines personnes n’ont pas toujours le même nom de blog et le même nom dans l’adresse du site donc je préfère m’en assurer)
        Au début, le livre que tu présentes, j’ai cru que c’était un roman de Stephen King, parce que je n’avais pas fait attention à l’auteur. Et là, je viens de me rendre compte qu’il y avait une citation de S. King sur la couverture – ce doit être le même genre d’univers, de récit pesant ? En tout cas, il a l’air bien sympa à lire, ce bouquin !

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      2. Rattus Bibliotecus, oui. 🙂

        En effet, il y a cette citation de King, commande de l’éditeur pour doper les ventes (procédé très bien payé, paraît-il). 🙂

        Niveau univers, ça se ressemble un peu, l’aspect critique sociale est plus virulent chez Ketchum. Ici, c’est une critique acide de ces parents qui font de leurs enfants des acteurs, peut-être pour vivre par procuration en oubliant leurs propres échecs…

        J’ai aussi vu « Une fille comme les autres », à défaut de l’avoir lu, et… C’est autrement plus violent. Là, on plonge dans l’inceste et la torture. Le film n’est pas facile à encaisser, alors je te laisse imaginer le roman (inspiré d’une histoire vraie).
        Je le lirai un jour.

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