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Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Livre de Poche
Parution : 2015

Résumé de l’éditeur : Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d’eux. Désarmés, condamnés à l’exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l’amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe… Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose avec talent la grande tragédie de cette génération perdue.

 

Tu veux un roman parlant de la guerre, surtout des dégâts humains ? En voilà un beau.

En zappant, j’étais tombé sur un reportage parlant de l’adaptation prochaine du roman par Albert Dupontel, qui m’avait intéressé. Why not ? Dans le même genre, j’avais vu La chambre des officiers, qui m’avait bien plu. Je notai donc le titre dans un coin de tête.
Quelque temps plus tard, en me promenant, je croisai une boîte à livres avec, à l’intérieur, Au revoir là-haut qui me tendait les bras…
Je crois qu’on appelle ça le destin.

Libéré, délivré, et lu.

On te raconte donc l’histoire de deux jeunes hommes, Albert et Édouard, que la guerre a meurtris. Albert s’en sort encore bien, si on veut, car il a tout perdu, mais Édouard… il n’a plus de mâchoire ; sa bouche est devenue une plaie béante qui suppure continuellement. Il est ce qu’on appelle une « gueule cassée » qu’il dissimule avec des masques plus ou moins rigolos qu’il fabrique grâce à ses talents de dessinateur. Refusant toute opération (on n’en est qu’aux débuts de la chirurgie réparatrice, les résultats sont rarement satisfaisants), et ne voulant pas apparaître ainsi à sa famille, il demande à Albert de le faire passer pour mort auprès des siens, et d’échanger son identité avec celle d’un soldat tombé au combat afin de prendre un nouveau départ, ce qu’Albert fera au péril de sa vie : les sanctions, il les connaît.
Installés ensemble, Albert fera tout pour soulager le quotidien d’Édouard (il écume Paris pour trouver de la morphine, tout en entretenant le mensonge de la mort d’Édouard auprès de la famille éplorée, ce qui le fait culpabiliser), tandis que son frère d’armes, écœuré par le sort que son cher pays réserve aux gens comme lui, voudra se venger en montant une arnaque à grande échelle. Parmi les clients potentiels de son catalogue figure son père, qui reconnaît son coup de crayon et s’interroge sur la réelle identité de l’artiste…

Quant à la fin, elle te surprendra dans le sens où elle arrivera brutalement, elle est à l’image d’Édouard : émouvante.

Un excellent roman antimilitariste par sa critique du triste sort que la France réserve à ses soldats, morts ou survivants, magistralement écrit. En plus d’être fluide et accessible, la plume de l’auteur est très visuelle. Si tu aimes les styles cinématographiques, tu vas être servi.

À relire, ou à découvrir à l’heure où l’on s’apprête à réimposer le service militaire, où l’on fanfaronne : « Nous sommes la nation Française. »

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